Revue des médias
Stockage carbone
Le lundi 10 septembre 2007 – Stockage carbone
Les forêts tropicales matures stockent 1 tonne de carbone par an et par hectare !
Très interessant article de Sylvestre Huet dans le libération du 8 septembre. Le rôle climatique tenu par les fôrêts tropicales semble être beaucoup plus important que celui prévu dans la majorité des modèles de prévision actuels.
<< On a enfin trouvé le poumon vert de la planète bleue… Dans les années 70, des écologistes appelaient à protéger les forêts tropicales en affirmant qu’elles fournissent l’oxygène de la planète. Les scientifiques leur rétorquaient alors qu’une forêt naturelle à l’équilibre consomme autant d’oxygène qu’elle en rejette. Voici que des chercheurs viennent de découvrir que les forêts tropicales constituent bien une sorte de poumon vert, mais pour une toute autre raison. Elles n’«oxygènent» pas la planète, mais subtilisent le carbone de l’air et le stockent. Le tout en quantité phénoménale. Du Brésil aux Philippines, les forêts tropicales diminuent l’effet des émissions de CO2 dues à l’homme, accusé de modifier le climat. […] Les modèles actuels parient sur des forêts boréales gourmandes en CO2 et sur des forêts tropicales à l’équilibre, hors les effets de la déforestation due à l’homme. Si les auteurs de l’étude ont raison, il va falloir modifier les modèles afin de simuler correctement le futur climatique.
[…] Cette découverte suppose aussi de repenser la gestion des forêts tropicales en tenant compte de leur rôle dans le cycle du CO2. Jusqu’alors, l’inquiétude était causée par les émissions dues à leur déforestation. Il faudra y ajouter deux motifs de préoccupation. D’abord, leur stockage de CO2 sera probablement «de moindre durée que celui des forêts boréales, car les cycles biologiques [croissance et décomposition des arbres, ndlr] sont plus rapides sous les tropiques», avertit Philippe Ciais. En outre, cette capacité va s’amenuiser avec la poursuite de la déforestation. Le développement démographique et économique des pays tropicaux semble rendre inéluctable la réduction de leurs forêts. Puisque les conséquences climatiques de cette déforestation seront plus importantes que prévu, la mise en œuvre de politiques capables de minimiser cette évolution devient cruciale. >>
Pour en savoir plus :
- Contribution des peuples indigènes dans le ralentissement du changement climatique
- Le puits manquant : affaire résolue ?
- Le rôle des forêts dans le cycle du carbone
- « Les forêts anciennes ne doivent plus être ignorées dans les bilans carbone »
- Magazine Terre Sauvage, Arbres et Forêts, Septembre 2008, p 43-47
- Les forêts primaires non gérées pourraient compter pour 10% de l’ensemble de l’absorption nette de CO2 (Oregon State University)